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samedi 14 juillet 2012

Les Anonymes – R. J. Ellory – Ils méritent d'être connus...


Quatre femmes ont été assassinées à Washington selon le même mode opératoire. L'inspecteur Miller est chargé de l'enquête qui va vite devenir pour lui un cauchemar : toutes les pistes se dérobent, chaque espoir d'avancer est anéanti. Apparemment, certaines personnes souhaiterait que l'enquête n'aboutisse pas et que certains secrets ne soient pas divulgués.

La réputation de ce roman n'est pas usurpée. Je l'ai beaucoup aimé. Les Anonymes n'est pas un thriller qui se déroule à 100km/h dont le scénario irréaliste est masqué par le rythme effréné du récit et dont l'épaisseur des personnages laisserait à désirer...Non. Ce livre est bien écrit et les différents personnages, l'inspecteur Miller, son collègue Roth ou leur patron Irving sont réalistes, j'aurais envie de dire qu'ils sont humains. L'auteur a apporté autant d'attention à ses héros qu'au récit lui-même et cela donne un livre passionnant.

Le rythme participe aussi à la qualité de l'ensemble. Alternant les souvenirs du passé de l'un des personnages et l'enquête des deux inspecteurs, R. J. Ellory a su trouver le bon équilibre et utiliser à bon escient ces flash-backs. Nul rebondissement à chaque page,  nulle explosion à chaque chapitre mais un récit presque documentaire suffisamment bien écrit pour que le lecteur lise chaque page en souhaitant déjà découvrir la suivante.

Si j'avais un reproche à faire à ce roman policier, ce serait sans doute la fin un peu trop rapide à mon goût. Elle n'est pas bâclée mais laisse un arrière goût d’inachevé. C'est trop simple. On repense aux chapitre précédents en se demandant si toutes les questions du scénario ont trouvé leur réponse, si certaines complications étaient vraiment nécessaires...Tout cela est bien subjectif. Vous me direz ce que vous en avez pensé...

Les Anonymes est un excellent livre que vous pouvez emporter avec vous en vacances. Vous ne le regretterez pas. Pour ma part, j'ai déjà acheté le nouveau roman de R. J. Ellory, Les Anges de New-York. Je vous en reparlerai sans doute pendant l'été.

Bonnes vacances à tous !

Les plus : Un roman bien écrit, des personnages réalistes loin des clichés, le bon équilibre  passé/présent dans le récit, le scénario qui tient la route.
Les moins : Un fin un peu trop rapide, une scène légère.

Ma note : 9/10
A partir de 16 ans.

Les Anonymes sur Amazon.com
R. J. Ellory
Le Livre de Poche
ISBN : 978-2253-157113

samedi 30 juin 2012

RAJ – Tomes 1 et 2 – Agatha Christie en Inde


Alexander Martin, jeune agent de l'I.P.S. (Indian Political Service), fraîchement arrivé à Bombay, enquête sur l'étrange disparition de plusieurs notables anglais de la ville. Entre les magouilles politiques, les enjeux financiers et un passé que personne ne souhaite déterrer, il aura bien du mal à faire éclater la vérité.

Ayant lu sur Internet des avis très positifs sur cette série, RAJ se trouvait sur la liste de BD que j'hésitais à acheter. L'ayant déniché à prix imbattable cette semaine, j'ai craqué.

Les auteurs ont eu la bonne idée d'écrire des diptyques, les deux premiers tomes forment donc une histoire complète pour le plus grand bonheur des lecteurs frustrés d'avoir souvent à attendre le 15ème tome d'une série pour en connaître le dénouement.

Le scénario est bien construit et j'ai apprécié cette enquête policière qui se déroule dans la « Ville dorée ». Après un démarrage un peu lent, le récit atteint son rythme de croisière au bout de quelques pages et on suit avec intérêt les aventures du jeune Alexander. Même si les auteurs n'évitent pas les clichés sur la colonisation, les dessins de Conrad assurent le dépaysement du lecteur et Wilbur glisse quelques touches d'humour tout au long de l'histoire. Les auteurs exploitent bien le contexte historique, les personnages et les lieux sont variés et tout cela participe au plaisir de la lecture.

Les nombreuses qualités de ces deux premiers tomes ne font cependant pas oublier quelques défauts. Bien construit, le scénario repose cependant sur de nombreux personnages qu'il est parfois difficile à situer. Il m'est arrivé de revenir quelques pages en arrière pour m'assurer de bien comprendre « qui est qui ». Cela nuit à la fluidité de la lecture. L'autre point faible est selon moi le dessin de Conrad qui manque souvent de détails. C'est dommage car certaines planches montrent d'ailleurs tout le potentiel que l’exotisme de l'Inde aurait permis d'exploiter.

Un Gentilhomme Oriental et Les Disparus de la Ville dorée forment donc un diptyque qui vaut d'être lu et qui mérite sa place dans ma bibliothèque.

Les plus : La qualité du scénario, le dépaysement.
Les moins : Le manque de détails des dessins, les nombreux personnages parfois difficiles à situer.

Ma note : 7/10
A partir de 12 ans.

RAJ – Tome 1 et Tome 2 sur Amazon.com
Conrad & Wilbur
Dargaud
ISBN : 978-2-5050-0002-0

samedi 23 juin 2012

Le Trône d'Argile – Tome 5 – La Pucelle – Oui mais...

Le Trône d'Argile est sans aucun doute une référence dans le monde de la BD historique. J'attendais ce tome 5 avec impatience. Il confirme ce qu’annonçait les précédents volumes...en termes de qualité mais aussi de défauts.

On retrouve tous les points forts de la série. Une description détaillée cette guerre de cent ans qui, plus que les personnages, est au cœur de l'histoire. On plonge dans cette époque tourmentée dessinée avec brio par Théo : la violence des batailles, les intrigues de la cour, l'orgueil de beaucoup et l'honneur de quelques uns.  Les personnages, dont la plupart ont réellement existé, sont décrits avec toujours autant de profondeur. Même s'ils ont chacun des traits de caractère bien marqués, les auteurs ne tombent pas dans la caricature. Quant au scénario, il accroche toujours autant le lecteur mais souffre de quelques faiblesse dont je parlerais plus loin. « La Pucelle » est donc une bande dessinée de grande qualité que ceux qui aiment l'histoire liront avec beaucoup de plaisir !

Ce nouveau tome ne fait malheureusement pas selon moi un sans faute. En effet (est-ce pour être dans l'air du temps?), Sainte Jeanne d'Arc est décrite comme une jeune fille un peu naïve, illuminée et manipulée par Yolande d'Anjou, la protectrice du Dauphin Charles VII. C'est le point faible du scénario car les auteurs font intervenir un mage qui, grâce à ses pouvoirs, va faire croire à la jeune Jeanne qu'elle a des apparitions. Tout cela ne semble pas très réaliste et nuit à la crédibilité de du récit. C'est bien dommage. Pourquoi ne pas être simplement resté fidèle à l'histoire de France ?

La force de la série « Le Trône d'Argile » a toujours été sa qualité historique, son réalisme. L'intervention de la magie dans ce dernier volume m'est apparue comme un cheveu sur la soupe...La soupe est toujours aussi bonne mais ce cheveu n'en est pas moins désagréable.

Les plus : Le plongeon au cœur de la guerre de 100 ans, la qualité des dessins, l'épaisseur des personnages.
Les moins : Des couleurs trop ternes à mon goût. Mais pourquoi faire de Sainte Jeanne d'Arc une naïve illuminée et manipulée ?

Ma note : 7/10
A partir de 16 ans.

Le trône d'argile - tome 5 - La pucelle sur Amazon.com
Richemont - Theo -  Pieri
Delcourt
ISBN : 978-2756019901

dimanche 10 juin 2012

Volte-Face – Michael Connelly – Un bon cru...

Mickey Haller, avocat de la défense, accepte exceptionnellement de représenter le peuple de Californie, l'accusation, dans un procès sensible : Un homme accusé du meurtre d'une fillette et condamné 20 ans plus tôt pourrait être innocenté suite à la découverte de preuves ADN. La tâche s'annonce compliquée et Haller demande à Harry Bosh d'enquêter pour lui sur ce dossier.

On retrouve avec plaisir les deux héros de Michael Connelly. L'auteur les avait déjà associé dans « Le verdict de plomb » mais de manière moins équilibrée que dans son nouveau roman. On suit en effet alternativement les deux personnages, le premier préparant les procès, le deuxième cherchant de nouveaux éléments de preuves tout en essayant de comprendre l'étrange comportement de l'accusé en liberté conditionnel.

J'ai trouvé l'intrigue intéressante et finalement plutôt originale. Les progrès de la science ayant permis de découvrir un nouvel élément de preuve grâce à l'analyse ADN, un lobby s'est mobilisé afin que Jasson Jessup soit libéré et puisse bénéficier d'un nouveau procès. Le récit se déroule sans temps mort et le lecteur attend avec impatience le procès dont il ignore l'issue...

C'est là que le bas blesse. J'ai trouvé la fin précipitée. Sans en dévoiler la teneur, je ne peux que regretter sa trop grande facilité. Après l'excellente montée en puissance réussie par Michael Connelly durant les 9/10 du roman, j'aurais souhaité un dénouement plus consistant. Les dernières pages rattrapent cependant un peu cette impression désagréable.

Cela étant dit, Volte-Face est un très bon cru de Michael Connelly. Meilleur que « Les Neufs Dragons » qui était efficace mais trop classique. Les fans de l'auteur ne seront pas déçus et ce sera une excellente manière de le découvrir pour les autres.

Les plus : Le « mélange » équilibré entre thriller juridique et polar, l'intrigue moins classique qu'elle ne paraît. La présence des deux héros de Connelly : Harry Bosh et Mickey Haller.
Les moins : Une fin un peu précipitée.

Ma note : 8/10
A partir de 16 ans en raison du sujet un peu dur.

Volte-Face
Michael Connelly
Calman-Levy
ISBN : 978-2702141533

dimanche 27 mai 2012

Les Visages - Jesse Kellerman - Une belle occasion ratée

Les Visages est un livre dont la presse a pas mal parlé à sa sortie. Il a d'ailleurs reçu le Grand Prix des Lectrices de Elle (j'ignore si c'est vraiment une référence mais bon...) et aussi une distinction du journal Le Guardian.

De fait, le scénario est orignal. Ethan Muller, tenant d'une gallerie d'art, découvre une oeuvre exceptionnelle et monumentale : des milliers de feuilles qui s'emboîtent parfaitement formant une oeuvre globale dont le centre est une étoile regroupant des visages d'enfants. Lorsqu'il découvre que ces visages sont ceux d'enfants assassinés quelques années auparavant et dont les meurtres n'ont jamais été résolus, sa vie bascule.

Cet excellent scénario est malheureusement mal mis en musique. Le récit alterne entre l'enquête du héros et des flash-back permettant de découvrir l'histoire de sa famille, les deux finissant par se croiser. Après un démarrage très prenant, Le livre déçoit. L'enquête du héros est finalement assez linéaire, sans véritable rebondissement. On comprend assez vite comment l'histoire va se terminer. Le récit souffre de longueurs et j'ai plusieurs fois été tenté de m'arrêter en cours de route. Arrivé au bout, je me suis dit : tout ça pour ça.

De plus, c'est une histoire assez glauque d'une enfance brisée par la perversité sexuel d'un homme. L'auteur aurait pu nous faire comprendre tout cela sans entrer dans la description de situations malsaines. Ce qui fait en partie la différence entre les bons écrivains et les autres, entre les bons cinéastes et les autres, c'est notamment cette capacité à suggérer plus qu'à montrer. C'est plus difficile mais souvent aussi bien plus efficace. L'auteur échoue dans ce domaine.

Alors, que mettre dans le volet positif de cette chronique en dehors de l'originalité de l'idée de départ ? Pas grand chose. Pas l'écriture, le style étant assez classique. Pas l'humour, il n'y en a pas vraiment. Les chapitres relatant l'histoire d'une riche famille américaine au siècle dernier ? Pourquoi pas même si je les ai trouvés légèrement caricaturaux. La description du milieu de l'art new-yorkais ? Sans doute.

J'attendais beaucoup du livre de Jesse Kellerman et j'ai été déçu. L'idée de départ était réellement intéressante mais l'auteur l'a finalement mal exploitée. C'est une occasion ratée. Dommage.

Les plus : L'idée de départ réellement originale, la description du milieu de l'art à New-York, le principe des deux récits qui se croisent (même si c'est assez classique).
Les moins : Une description crue de situations glauques, le rythme du récit qui ralentit fortement après les premiers chapitres, la bonne idée de départ finalement mal exploitée...

Ma note : 1/5
Pour adulte

Les Visages sur Amazon.com
Jesse Kellerman
Points
ISBN : 978-2757814130

dimanche 13 mai 2012

La sentinelle de l'ombre – Robert Crais – Elvis Cole nous manque...

En voulant aider un homme et une femme se faisant agresser, Joe Pike va se trouver mêler à une violente guerre des gangs. Il va rapidement découvrir que Dru et Wilson Smith ne sont sans doute pas les paisibles restaurateurs qu'ils semblent être. Lorsqu'ils vont disparaître, Joe va partir à leur recherche épaulé par le détective privé Elvis Cole.

Ce nouveau roman de Roman de Robert Crais met Joe Pike au centre de l'action. Pour les fidèles lecteurs de l'auteur, c'est une déception. Joe Pike était parfait dans un rôle secondaire auprès d'Elvis Cole. Il est moins pertinent comme héros principal de ce thriller. Pour qu'un second rôle pèse et réussisse à exister au côté d'un héros, il possède souvent une personnalité originale et un physique qu'on n'oublie pas. Mais lorsqu'un tel personnage passe au premier plan, ces traits de caractère trop marqués deviennent alors caricaturaux et nuisent à la qualité du récit. C'est le cas pour Joe Pike dans « La sentinelle de l'ombre ».

De fait, Elvis Cole et son humour décalé apparaîssent trop peu dans le livre. On regrette les précédents ouvrages de l'auteur qui, au côté de l'intrigue principale, nous faisait découvrir le passé des personnages. C'est bien dommage.

Ces lacunes au niveau des personnages sont-elles compensées par un scénario de très grande qualité ? Malheureusement pas. L'intrigue est trop linéaire. Certes, les événements s'enchaînent à un rythme élevé et on n'a guère envie de poser le livre avant de l'avoir terminé mais il souffre d'invraisemblances. Je sais bien que la chance sourit aux audacieux mais quand même...

En résumé, « La sentinelle de l'ombre » est un roman qui se lit avec plaisir mais ne se démarque pas de la concurrence. Ce n'est malheureusement qu'un thriller parmi d'autres.

Les plus : Le rythme soutenu.
Les moins : Trop classique pour sortir du lot, trop de clichés, en retrait par rapport aux premiers Robert Crais.

Ma note : 5/10
A partir de 16 ans...

La sentinelle de l'ombre sur Amazon.com
Robert Crais
Belfond – Noir
ISBN : 978-2714450821

mercredi 25 avril 2012

Une traque impitoyable – Barry Eisler - Prenant

John Rain est un héros atypique : c'est un tueur américano-japonais dont la spécialité est de laisser croire que ses victimes sont décédées d'une mort naturelle. Sa deuxième caractéristique est de ne jamais accepter de contrat dont les cibles seraient des femmes ou des enfants. Il n'en reste pas moins un tueur implacable à la détermination sans faille.

Pourtant, à Manille, au moment d'agir, une terrible hésitation lui fait rater sa cible, un terroriste spécialisé dans les explosifs. Cette erreur risque de déclencher un grave incident diplomatique et le Mossad qui avait commandité l'assassinat décide d'éliminer John Rain. Accompagné de Dox, un ancien sniper au cœur sensible, il devra fuir avant d'essayer de reprendre en main son destin.

Les thrillers de Barry Eisler sont toujours très efficaces. Cette traque impitoyable ne déroge pas à la règle. Menée sur un rythme d'enfer, le récit nous mène de Nagoya au Japon à Hong-Kong en passant par Bangkok. L'auteur aime beaucoup cette région du monde qu'il connaît bien et qu'il nous fait découvrir au travers de ses livres. « Une traque impitoyable » est en effet la quatrième aventure de John Rain. Il commence à se poser des questions sur ses actions, sur les conséquences de ses actes et sur son avenir. Tueur, il n'en reste pas moins humain. Même si chaque livre peut se lire de manière indépendante, l'évolution du personnage au fil du temps est intéressante et participe au charme des thrillers de Barry Eisler.

Ce livre se lit donc avec plaisir. Le scénario est de facture relativement classique, le style aussi mais le héros est atypique et attachant. Il est difficile de poser l'ouvrage une fois qu'on l'a commencé. C'est que l'on attend d'un bon livre non ?

Les plus : Un thriller classique mais efficace, un héros atypique qui fait la différence.
Les moins : Une scène à couper si vous souhaitez pouvoir laisser traîner ce livre à portée de vos enfants, un humour pas toujours très fin.

A partir de 15 ans...après avoir supprimé deux pages.

Ma note : 3.5/5

Une traque impitoyable sur Amazon.com
Barry Eisler
Belfond – Nuit noire
ISBN : 978-2714441461

De Cape et de Crocs - Tome 10 - De la lune à la terre - Ayroles & Masbou - Finir en beauté

Sachant que ce tome 10 serait le dernier de cette série débutée en 1995, j'attendais « De la lune à la terre » avec une certaine impatience mais aussi une certaine appréhension. Les auteurs sauraient-ils la finir en beauté ?

Nos héros Don Lope, de Maupertuis, Eusèbe et leurs amis entame leur retour sur terre. Mendoza, personnage cruel qui ne connaît de loi que la force, a cependant décidé de les faire disparaître dans une dernière bataille. Ce dernier voyage sera épique, digne des meilleurs films de cape et d'épée : de l'aventure, des combats, un zeste de romance et quelques rebondissements dont je ne vous dirai rien...

Après une baisse de rythme dans les précédent volumes, J'ai trouvé ce dixième tome en tout point excellent. On y retrouve tout ce qui fait le charme de la série : le monde imaginaire inspiré du XVIIIème siècle et admirablement mis en couleur par Jean-Luc Masbou, l'humour, les dialogues si bien écrits, les personnages attachants (sacré Eusèbe!), et le scénario de qualité écrit par Alain Ayroles. C'est le parfait équilibre entre ces différents points qui fait de « De Cape et de Crocs » une série qui mérite d'être dans la bibliothèque de tout bédéphile qui se respecte ! « De la lune à la terre » comblera le lecteur et apportera les réponses aux dernières questions qu'il pouvait se poser sur nos héros.

Les plus : Une série qui se termine en beauté, des dessins toujours aussi détaillés avec des couleurs chatoyantes, des dialogues de qualité, souvent en rime et qui participent au plaisir de lecture. Une série tout public.
Les moins : Rien...vraiment rien si ce n'est que c'est le dernier tome de la série...

A partir de 10 ans.

Ma note : 5/5

De Cape et de Crocs - Tome 10 - De la lune à la terre sur Amazon.com
Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou
Delcourt
ISBN : 978-2756019963

samedi 7 avril 2012

Incident à Twenty-Mile – Trevanian – La sanction...

Un inconnu débarque à Twently-Mile un jour de 1898. A cet époque là, le rêve de la conquête de l'Ouest touche à sa fin et ce hameau n'est plus que l'ombre de lui-même. Non loin de là, un monstre s’échappe de prison...

Autant je place La Sanction de Trevanian dans les 10 meilleurs livres que j'ai lu ces dernières années, autant Incident à Twenty-Mile pourrait se trouver dans les 10 moins bons...

J'ai en effet été très déçu par ce roman inédit en France. Je n'ai pas retrouvé cet humour noir un peu décalé, ces dialogues succulents que j'avais tant apprécié dans La Sanction. Est-ce lié à une mauvaise traduction ? Le livre est-il tout simplement en deçà des autres romans de l'auteur ? Je l'ignore mais je n'ai vraiment pas accroché : les dialogues sont fades, il n'y pas vraiment de rythme, les personnages sont sans âme et c'est glauque...

Pour tout vous dire, j'ai tellement d'autres livres à lire que je ne suis pas allé au bout d'Incident à Twenty-Mile...Peut-être aurais-je été agréablement surpris par les derniers chapitres mais j'en doute un peu et cela n'aurait pas compensé la déception des premières pages.

Le plus : La description de l'Ouest américain en perdition...
Les moins : C'est laborieux, c'est glauque...c'est très loin du niveau de La Sanction ou de Shibumi. Sans parler des pages à arracher pour pouvoir laisser traîner ce livre dans une maison familiale...

Pour adulte.

Incident à Twenty-Mile sur Amazon.com
Trevanian
Editions Gallmeister
ISBN : 978-2-35178-048-0

dimanche 12 février 2012

Los Pajaros Perdidos – L’Arpeggiata & Christina Pluhar – Du soleil en plein hiver !

Même si j’évoque principalement les livres sur mon blog , il m’arrive d’écrire quelques chroniques musicales…Ce sera le cas aujourd’hui.

Le nouveau CD de l’Arpeggiata mérite amplement que j’y consacre quelques lignes. D’une grande qualité, il est surtout d’une grande originalité. Il s’agit en effet de musiques traditionnelles baroques latino-américaines.  On découvre ainsi sous la voix d’excellents artistes tels que Philippe Jaroussky de splendides mélodies d’Espagne, du Chili ou encore du Venezuela. Ecoutez « Ay este Azyek » ou « El currucha » et vous serez conquis. Alternant rythmes endiablés et chants mélancoliques, ce disque vous emmène loin des soucis du quotidien, loin du froid extrême qui s’est abattu sur la France en ce mois de février.

Pour couronner le tout, la pochette est superbe. L’écrin est à la hauteur des mélodies qu’il renferme.

Le plus : Un contenu très original, quelques mélodies réellement somptueuses, un enregistrement de qualité.
Les moins : Un ou deux morceaux un peu en deça du reste, notamment au niveau vocal…mais c’est vraiment pour chercher la petite bête.

Los Pajaros Perdidos - Édition Deluxe Livre-Disque sur Amazon.com
L’Arpeggiata
Virgin Classics

samedi 4 février 2012

Born to Die – Lana Del Rey – N'est pas Marianne Faithfull qui veut...

Un peu de musique pour changer…

Si vous n'avez pas entendu parler du phénomène Lana Del Rey c'est sans doute que vous n'êtes pas connectés à Internet, que vous n'écoutez pas la radio et ne lisez pas la presse…C'est l'artiste dont tout le monde parle en ce moment ! Sa carrière a été lancée grâce à un Internet où elle publia sur Youtube la video de la chanson qui allait la rendre célèbre : Video Game.

Ce succès médiatique est-il mérité ? Je ne le pense pas. En effet, attiré par un extrait de Born to Die, le titre phare de l’album, j’ai été déçu par les autres chansons. Le style de la chanteuse est un mélange bien équilibré entre celui de différents artistes tels que Marianne Faithfull pour certains accents de sa voix ou celui du dernier album de Katie Melua pour le côté electro/pop. Malheureusement, les mélodies sont peu inspirées et relativement répétitives. Il s’agit donc d’un album qui s’écoute facilement mais dont on se lasse rapidement…

Le plus : une voix qui fait mouche…
Les moins : Des mélodies assez pauvres et trop répétitives.

Born To Die sur Amazon.com
Lana Del Rey
Polydor

dimanche 8 janvier 2012

Les Braises – Sandor Marai – Un excellent huis clos

Ayant lu une très bonne critique de « La Soeur » de Sandor Marai mais souhaitant en savoir un peu plus sur cet auteur, j'ai cherché quels autres livres il avait écrit. C'est ainsi que j'ai découvert « Les Braises » dont l'histoire m'a tout de suite plu. Ce hui-clos entre deux anciens amis arrivés au terme de leur vie m'a immédiatement attiré. J'ai donc quitté ma librairie préférée, non pas avec « La Soeur » mais avec « Les Braises » dont je vais vous dire ici quelques mots...

Le récit relate la rencontre de deux hommes qui furent jadis amis et qu'un événement, que l'on devine dramatique, sépara plus de quarante années plus tôt. Dans les premiers chapitres, nous découvrons la naissance de leur amitié avant de comprendre au cours du huis clos ce qui les éloigna l'un de l'autre et les amena à cette ultime conversation...ou confrontation.

J'ai beaucoup apprécié ce livre. Seuls les auteurs de grand talent peuvent réussir à accrocher autant de lecteur par un scénario construit autour d'un simple huis clos. Le récit de leur rencontre et de leurs années de jeunesse est admirablement bien écrit, mieux encore selon moi que les dialogues de leur confrontation dont l'accroche m'a parfois paru un peu « académique ». « Les Braises » se nourrit de réflexions sur l'amitié, la vie et la mort, l'orgueil et la lâcheté mais aussi sur la musique : « Puisque la musique est indéfinissable, elle doit être dangereuse. Il ne peut en être autrement, puisqu'elle touche, avec une violence incroyable, les personnes qui appartiennent à la même catégorie, non seulement en raison de leur ouïe musicale, mais aussi […] de leur destinée. » Sandor Marai aborde aussi la différence entre ce qui est vécu et ce qui est perçu : « Vers la fin de notre existence, l'ensemble des faits accuse et hurle la vérité plus fort que le supplicié sur le banc de torture. Sans la moindre équivoque possible, un fait est un fait. Et pourtant les faits ne sont parfois que de pitoyables conséquences. » L'essentiel n'est pas de connaître les faits mais ce qui, dans le cœur de l'homme, les a générés. L'auteur évoque tout cela avec beaucoup de finesse et d'élégance.

Quant au scénario, il est assez simple mais tient le lecteur en haleine jusqu'à cette fin qui peut surprendre et laissera peut-être certains un peu sur leur faim. Il permet cependant à l'auteur d'aborder de très belle manière les nombreux thèmes mentionnés ci-dessus. N'est-ce pas là l'essentiel ?

En lisant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de faire un lien avec une œuvre cinématographique de très grande qualité : « Le Souper », superbe huis clos d'Edouard Molinaro avec Claude Rich et Claude Brasseur. Si vous avez aimé ce film, vous aimerai certainement « Les Braises »...et la réciproque est vraie.

Le plus : La qualité de l'écriture et de la traduction, un livre qui se dévore plus qu'il ne se lit malgré un scénario apparemment simple...
Les moins : Certains dialogues qui manquent parfois (à mon sens) de naturel...

A partir de 16 ans ou plus tôt pour ceux qui aiment les belles œuvres littéraires...

Les Braises sur Amazon.com
Sandor Marai
Le Livre de Poche
ISBN : 978-2-253-93378-6

dimanche 1 janvier 2012

Les Larmes Interdites – Navy Soth & Sophie Ansel – Des vies broyées par les Khmers Rouges

« Dans l'invisibilité de la nuit, une mère vient de perdre son quatrième enfant. Arraché à elle à cause de la bêtise des hommes, la stupidité d'une utopie révolutionnaire, la faim et l'épuisement organisés par des illuminés. »

Cette mère est celle de la Noiraude (Navy Soth) dont « Les Larmes Interdites » relatent les années d'enfer au Cambodge suite à la prise du pouvoir par les Khmers Rouges. Elle survivra mais trois de ses frères et sœur succomberont durant le génocide qui fit 1,7 millions de victimes selon le Programme sur le Génocide de l'Université de Yale.

Le livre est poignant car il relate ces quatre années de malheur au travers les yeux d'une enfant. On suit mois après mois la vie de sa famille dont les parents ne baisseront jamais le bras, luttant au quotidien pour protéger leurs enfants physiquement mais aussi, autant que possible, psychologiquement. Ils essaieront de conserver au milieu de l'enfer une bulle familiale leur permettant de préserver un tant soit peu le monde de l'enfance.

Cette histoire est dure, à la hauteur de la brutale cruauté des Kmers Rouge. On suit la Noiraude lorsque les nouveaux maîtres du Cambodge déplacent en masse les populations, font travailler la population jusqu'à la mort, y compris les enfants. Lorsqu'ils exécutent froidement les plus faibles ou les laissent mourir de faim. Ceux qui n'ont plus la force de travailler ne reçoivent plus leur faible ration quotidienne de soupe.

Le fait que ce récit soit celui d'une enfant lui donne une dimension particulière. On souffre avec elle de la solitude car sa famille est régulièrement éclatée en fonction des travaux à réaliser. On s'attache avec elle à ces grillons qu'elle cache et dont elle a fait ses amis. On s'émerveille avec elle de ces lucioles qui lui permettent de s'évader et de garder un pied en enfance. On vit avec elle ce tiraillement entre les sentiments intérieures qu'il faut impérativement cacher sous peine d'être exécutéea et l'indifférence apparente, ces larmes interdites...On partage sa culpabilité à la mort de sœur alors que ses parents étaient aux travaux forcés. On découvre aussi des enfants Khmers imitant leurs parents et martyrisant d'autres enfants. Les rares moment de réconfort étaient lorsqu'elle s'endormait dans les bras de son père ou de sa mère...

Comme pour beaucoup de petites filles, son père était un être à part. Son courage, ses chasses nocturnes au risque de sa vie, sa dignité jusqu'à la mort aidèrent la petite Noiraude à survivre. Il en fut de même de la force de sa mère qui se battit chaque jour pour ses enfants et refusa de s’enfuir plutôt que d'abandonner un des ses fils mourant. L'amour qui unit cette famille au cœur de l'enfer Khmers fut sans doute ce qui permit à la Noiraude, trois de ses frères et sœur et à sa mère de survivre et de traverser la frontière thaïlandaise et trouver enfin la liberté.

On connaît assez bien aujourd'hui les crimes commis par les Khmers Rouge mais l'humanité et l'innocence de la noiraude en fait ressortir mieux que jamais la brutalité mécanique, inhumaine, et la  cruauté extrême. Elle nous montre aussi à quel point l'amour qui unit une famille peut sauver la vie d'une enfant...


Le plus : Ce regard d'enfant porté sur l'extrême cruauté du régime des Khmers Rouge. Une page d'histoire à ne pas oublier
Les moins : Rien...

Ma note : 4.5/5
A partir de 15 ans.

Les larmes interdites sur Amazon.com
Les Larmes Interdites sur Internet
Navy Soth & Sophie Ansel
Plon
ISBN : 978-2-259-21112-3