Suivez l'actualité de surmatabledenuit.com sur Twitter
Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles

samedi 27 mars 2021

Insurrection - Robyn Young - Si vous avez aimé Braveheart…

Hiver 1286, Écosse. Le roi Alexandre III est assassiné. Il n'a aucun descendant. Débute alors une lutte pour le trône qui durera de nombreuses années.

 

Robert de Bruce , Seigneur d'Annandale, s'oppose à Jean de Bailleul dans une rivalité pour la fonction suprême. L'évêque de Saint-Andrews sollicite alors le roi d'Angleterre Edouard Ier pour arbitrer ce conflit. L'ambition de ce dernier qui souhaite réunir sous sa bannière l'Écosse, le Pays de Galle et l'Ireland, le pousse à favoriser Jean de Bailleul qui a le soutien de la très influente famille Comyn. Celui-ci est reconnu roi en novembre 1292.

 

Robert de Bruce ne renonce pas au trône, mais, devenu trop âgé,  incite son petit-fils qui porte le même prénom à reprendre le flambeau et attendre patiemment son heure. En ces temps incertains, des alliances se nouent et se brisent au fil des conflits, des mariages et des révoltes paysannes.

 

Insurrection est le premier tome d'une trilogie qui relate la vie de Robert Ier qui sut unifier l'Écosse et gagner l'indépendance de son royaume. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette biographie romancée un récit épique : des guerres ravagent l'Europe, le roi d'Angleterre rêve d'étendre son pouvoir au-delà de ses frontières, des familles puissantes se vouent une haine profonde depuis de générations et les paysages grandioses des Highlands espèrent voir s'affronter les forces en présence dans une bataille aussi violente que les orages qui balayent parfois la région.

 

J'ai vraiment été conquis par ce roman. Il ne faut pas être rebuté par les 700 pages, mais plutôt se laisser attirer par la belle couverture qui annonce la tonalité du livre. L'auteur s'appuie sur une base historique impressionnante et l'enrichit en interprétant ses zones d'ombres, en la complétant lorsque nécessaire afin de plonger le lecteur dans cette époque passionnante maintenant révolue. Les personnages prennent vie devant nous. On voit Robert de Bruce hésiter entre sa fidélité au roi Édouard Ier et la  promesse faite à son grand-père, on découvre la brutalité de la révolte menée par Robert Wallace et rendue célèbre par le film Braveheart de Mel Gibson, on s'immisce dans les luttes de pouvoir et les alliances qui font et défont les frontières. On suit avec intérêt le destin de figures qui ont réellement existé et celui de chevaliers, écuyer ou paysans créés par Robyn Young pour donner une substance aux anonymes de l'histoire.

 

Cette immersion au Moyen Âge est particulièrement réussie lors des combats qui émaillent le récit. On se perd au cœur des attaques et de leur violence. Vous ressentez la peur des fantassins lorsque la cavalerie anglaise charge, le sol tremblant sans les sabots des centaines de destriers lancés au galop sur le champ de bataille. Vous attendez le choc dont la violence n'aura d'égal que la douleur des soldats broyés dans l'affrontement. Robin Young a un talent certain pour raconter les assauts et transformer quelques lignes en une fresque dantesque.

 

Alors oui, si vous avez aimé Braveheart, vous plongerez avec plaisir dans Insurrection…

 

Les plus : Un habile mélange entre biographie et récit épique, réaliste mais sans violence inutile, passionnant !

 

Les moins : Un rythme parfois un peu faible

 

Ma note : 9/10

 

Pour Adultes et Grands Adolescents

 

Contrôle Parental :

Sexe et nudité : #

Violence et sang : #

Langage et caractère offensant : #

Alcool et drogue : #

Effrayant et scènes intenses : #

 

Achetez Insurrection sur Amazon.fr

ISBN : 978-2265089860

Editions  Fleuve Eds

samedi 15 mars 2014

William Brodrick - Couleur de cendres - Une vie à l'Est...

Le Père Anselme est un ancien avocat entré dans les ordres. Il reçoit un jour la visite d'un ami d'enfance qui lui demande d'aider Roza, une polonaise qui fit partie dans le passé des mouvements de résistance au communisme. Arrêtée a deux reprises pour avoir été proche d'un mystérieux écrivain appelé le « cordonnier », elle semble liée par un lourd secret a son ancien bourreau qu'elle refuse aujourd'hui de dénoncer...Faut-il oublier le passé pour construire l'avenir ?


On pourrait qualifier Couleur de cendres de thriller psychologique. La qualité du scénario est en effet fortement lié à la personnalité des personnages et à leur vie que nous découvrons au fil des pages. Les notions d'amour et de haine, d'amitié, de trahison et pardon sont au cœur de l'intrigue. Cette plongée dans la Pologne des années 50 à nos jours nous fait découvrir ce que fut la vie des habitants sous le régime soviétique et comment certains luttèrent non pas par les armes mais par les idées qu'ils diffusaient au travers de revues clandestines. Ils étaient alors traqués et torturé afin qu'ils dénoncent leurs amis. La confiance se mélangeait à la méfiance, les gens se trouvaient face à des choix impossibles et seule l'espérance d'un avenir meilleur les faisait tenir. Tout cela est parfaitement décrit par William Brodrick. 


Couleur de cendres est un livre que j'ai lu avec plaisir. Mêlant histoire et enquête policière, le scénario se démarque de ce que l'on connaît habituellement. Plus lent, il s'attarde sur les personnages dont la grandeur ou la noirceur se dévoile peu à peu. Nul n'était tout blanc ou tout noir dans cette époque troublée qui suivit la deuxième guerre mondiale. Je dois cependant dire que la démarche de Roza dont je ne peu rien dire sans trop dévoiler l'intrigue m'a longtemps paru incohérente et ce faisant m'a ôté une partie du plaisir de lire. Cette sensation a disparu dans les derniers chapitres.

Une intrigue originale dans un contexte historique peu exploré, le tout porté par des personnages que William Bordrick s'attache à décrire en profondeur donne à ce récit une dimension particulière qui m'a beaucoup plu. Un autre livre de l'auteur m'attend d'ailleurs déjà dans ma bibliothèque...

Les plus : L'originalité du contexte historique : la Pologne avant la chute du communisme, des personnages dont la personnalité est vraiment creusée par l'auteur, un livre dont le héros est un moine, un récit moralement inattaquable.
Les moins : L'attitude de Roza qu'on a du mal à comprendre durant une bonne partie du récit...Même si on en comprends ensuite la raison, cela génère une certaine frustration.

Ma note : 7/10
A partir de 16 ans.

Couleur de cendres sur Amazon.com
William Brodrick
Editions des Deux Terres
ISBN : 978-2848931388

dimanche 12 mai 2013

Le Mur – Berlin 1961-1989 – D. Chardez & G. Lehideux – Pour ne pas oublier


Quelques lignes pour évoquer une belle bande dessinée qui permettra aux plus jeunes de découvrir la période de la guerre froide et au plus anciens de ne pas oublier : Le Mur - Berlin 1961-1989.

Je ne pensais pas qu'il serait possible d'évoquer plus de 40 ans d'histoire en 40 pages. C'est pourtant ce qu'ont réussi avec brio Didier Chardez et Guy Lehidieux. Le lecteur découvrira au fil des pages la fin de la deuxième guerre mondiale, le démantèlement de l'Allemagne au profit des trois grandes puissances qu'étaient les États-Unis, l'Angleterre et l'Union Soviétique et les conséquences que cela aura dans le monde durant plus de 30 ans (Crise de Cuba, Guerre du Vietnam, Afghanistan, etc...). Les plus jeunes apprendront quel était le régime dictatorial érigé à l'Est de ce qui deviendra le rideau de fer dont le Mur de Berlin était le symbole le plus marquant.  Les plus âgés se souviendront de la lâcheté des occidentaux lors de l’insurrection de Budapest. Tous repenseront aux 1135 victimes assassinées alors qu'elles tentaient de gagner la liberté.

Le grand mérite de cet ouvrage est sans doute d'aborder de manière aussi brève qu'objective les années qui ont suivi la chute de l'Allemagne en 1945 sans oublié de relater le rôles qu'on joué les hommes politiques, les militaires mais aussi le pape Jean-Paul II ou Lech Walesa en Pologne.

Le Mur est donc une excellente bande dessinée que vous pouvez acheter sans hésiter. Il fera le plaisir de toute la famille.

Les plus : Un condensé d'histoire : 44 ans en quarante pages, un style graphique épuré bien adapté au récit, l’exhaustivité des thèmes évoqués.
Les moins : Rien.

Ma note : 10/10
A partir de 10 ans.

Le Mur - Berlin 1961-1989 sur Amazon.com
Didier Chardez & Guy Lehidieux
Editions du Triomphe
ISBN : 978-2843783609

dimanche 1 janvier 2012

Les Larmes Interdites – Navy Soth & Sophie Ansel – Des vies broyées par les Khmers Rouges

« Dans l'invisibilité de la nuit, une mère vient de perdre son quatrième enfant. Arraché à elle à cause de la bêtise des hommes, la stupidité d'une utopie révolutionnaire, la faim et l'épuisement organisés par des illuminés. »

Cette mère est celle de la Noiraude (Navy Soth) dont « Les Larmes Interdites » relatent les années d'enfer au Cambodge suite à la prise du pouvoir par les Khmers Rouges. Elle survivra mais trois de ses frères et sœur succomberont durant le génocide qui fit 1,7 millions de victimes selon le Programme sur le Génocide de l'Université de Yale.

Le livre est poignant car il relate ces quatre années de malheur au travers les yeux d'une enfant. On suit mois après mois la vie de sa famille dont les parents ne baisseront jamais le bras, luttant au quotidien pour protéger leurs enfants physiquement mais aussi, autant que possible, psychologiquement. Ils essaieront de conserver au milieu de l'enfer une bulle familiale leur permettant de préserver un tant soit peu le monde de l'enfance.

Cette histoire est dure, à la hauteur de la brutale cruauté des Kmers Rouge. On suit la Noiraude lorsque les nouveaux maîtres du Cambodge déplacent en masse les populations, font travailler la population jusqu'à la mort, y compris les enfants. Lorsqu'ils exécutent froidement les plus faibles ou les laissent mourir de faim. Ceux qui n'ont plus la force de travailler ne reçoivent plus leur faible ration quotidienne de soupe.

Le fait que ce récit soit celui d'une enfant lui donne une dimension particulière. On souffre avec elle de la solitude car sa famille est régulièrement éclatée en fonction des travaux à réaliser. On s'attache avec elle à ces grillons qu'elle cache et dont elle a fait ses amis. On s'émerveille avec elle de ces lucioles qui lui permettent de s'évader et de garder un pied en enfance. On vit avec elle ce tiraillement entre les sentiments intérieures qu'il faut impérativement cacher sous peine d'être exécutéea et l'indifférence apparente, ces larmes interdites...On partage sa culpabilité à la mort de sœur alors que ses parents étaient aux travaux forcés. On découvre aussi des enfants Khmers imitant leurs parents et martyrisant d'autres enfants. Les rares moment de réconfort étaient lorsqu'elle s'endormait dans les bras de son père ou de sa mère...

Comme pour beaucoup de petites filles, son père était un être à part. Son courage, ses chasses nocturnes au risque de sa vie, sa dignité jusqu'à la mort aidèrent la petite Noiraude à survivre. Il en fut de même de la force de sa mère qui se battit chaque jour pour ses enfants et refusa de s’enfuir plutôt que d'abandonner un des ses fils mourant. L'amour qui unit cette famille au cœur de l'enfer Khmers fut sans doute ce qui permit à la Noiraude, trois de ses frères et sœur et à sa mère de survivre et de traverser la frontière thaïlandaise et trouver enfin la liberté.

On connaît assez bien aujourd'hui les crimes commis par les Khmers Rouge mais l'humanité et l'innocence de la noiraude en fait ressortir mieux que jamais la brutalité mécanique, inhumaine, et la  cruauté extrême. Elle nous montre aussi à quel point l'amour qui unit une famille peut sauver la vie d'une enfant...


Le plus : Ce regard d'enfant porté sur l'extrême cruauté du régime des Khmers Rouge. Une page d'histoire à ne pas oublier
Les moins : Rien...

Ma note : 4.5/5
A partir de 15 ans.

Les larmes interdites sur Amazon.com
Les Larmes Interdites sur Internet
Navy Soth & Sophie Ansel
Plon
ISBN : 978-2-259-21112-3

dimanche 20 novembre 2011

La France abîmée – Xavier Martin – La sanguinocratie expliquée


Je vous l'accorde, le titre de ma chronique ne reflète que partiellement le contenu de l'ouvrage passionnant dont je vais vous parler. La France abîmée est un livre beaucoup profond que mon titre et aborde un sujet plus vaste que la simple violence « physique », cette tristement célèbre terreur, dont ont été victimes certains de nos concitoyens lors de la révolution française.

L'ouvrage de Xavier Martin, professeur émérite des Facultés de Droit et historien, ne fait pas de bilan général de la révolution, il aborde un sujet beaucoup plus rarement évoqué : la violence morale et psychologique subie par les Français durant cette époque troublée.

Il analyse ces blessures au travers des textes d'époque : des lettres, des extraits de discours, des écrits de philosophes, des journaux tenus par de simples citoyens, des écrits d'étrangers présents en France à cette époque-là, etc... Le résultat est saisissant : on fait un voyage à travers le temps, voyage dont on ne sort pas indemne.

Xavier Martin analyse aussi le désenchantement qui suivit les premières années d'espoir. Guittard de Floriban, un bourgeois parisien, écrit par exemple dans ses papiers au sujet de Hérault de Séchelles condamné à l’échafaud en même temps que Danton : « la philosophie l'avait jeté dans la Révolution, l'orgueil l'y avait retenu, la peur l'y avait enchaîné. » Ce sentiment fut partagé par beaucoup de ses contemporains.

En décrivant cette face cachée de la Révolution, l'auteur évoque cette éternelle question : La fin justifie-t-elle les moyens ?

Les bonnes intentions de certains révolutionnaires ne suffisent pas. On est parfois surpris par le grand écart entre les propos et les actes. Robespierre combattra ainsi la peine de mort : « Ces scènes de mort qu'elle [la Justice] ordonne avec tant d'appareil ne sont autre chose que de lâches assassinats ». Pourtant, pour lui, la fin justifie les moyens, seuls les français « dociles » sont tolérés. Il dira : « la protection sociale n'est due qu'aux citoyens paisibles ». Saint-Just sera beaucoup plus clair : « Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé. » Pour se faciliter la tâche, les révolutionnaires publieront des textes de loi adaptés à leurs besoins. Un bon exemple est celles dite des « suspects » publiée le 17 septembre 1793. Elle définit ainsi ces suspects : « ceux qui soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, s'annoncent partisans de la tyrannie et ennemis de la liberté ». Autant dire que chacun est un suspect potentiel ! La loi dite de Prairal due à Couthon et Robespierre va encore plus loin. Peuvent être considérés comme des ennemis du peuple « ceux qui cherchent à anéantir la liberté publique », « ceux qui auront cherché à inspirer le découragement pour favoriser les entreprises des tyrans ligués contre la République », « ceux qui auront cherché à égarer l'opinion et à empêcher l'instruction du peuple, à dépraver les mœurs et à corrompre la conscience publique » ainsi qu'à « altérer l'énergie et la pureté des principes révolutionnaires ». Ces lois et les exécutions arbitraires qui allaient bien souvent avec eurent pour conséquences de dresser les Français les uns contre les autres, de générer une peur permanente, de pousser chacun à s'isoler afin de se faire oublier, afin de devenir insignifiant. C'est ce climat angoissant qui régnait dans cette « France abîmée » que s'attache à nous décrire Xavier Martin.

On découvre aussi que Chateaubriand écrivit «  Dans aucun temps, dans aucun pays, sous quelque forme de gouvernement que ce soit, jamais la liberté de pensée n'a été plus grande qu'en France, au temps de la monarchie. » Beaucoup de Républicains regrettèrent publiquement cet « avant ». Murat lui-même écrivit : « Sous l'ancien régime », la loi « nous laissait la défense naturelle et nous permettait la plainte ». Mirabeau écrivit regretter qu'on puisse être « proscrit pour la seule différence d'opinion ».

On lisant tous ces textes d'époque, je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle avec les pays de l'ancien bloc de l'est. Le parallèle est vrai pour ces lois biaisées, il l'est aussi pour cette volonté de s'attaquer à ces « talents, les lumières, la philosophie, le savoir, [qui] étaient devenu des titres de proscription et des droits à l’échafaud » (Fourcroy au Conseil des Anciens en 1976).

Xavier Martin évoque aussi les dérives de cette révolution qui, sous prétexte de « libérer » les Français, fit souvent l'inverse. Là encore, il faut laisser la parole aux républicains de l'époque. Tureau, connu pour ses « œuvres » en Vendée pensait par exemple qu'il fallait faire «  le bien du peuple, malgré le peuple ». Il fallait « le contraindre à être libre ». Saint-Just précisera qu'il fallait « ramener tout un chacun sous le joug de la liberté publique ». L'auteur de La France Abimée montre toutes les dérives engendrées par cette absence de conscience morale qui prévalait à l'époque chez les révolutionnaires, toutes les dérives engendrées par ce principe erroné qui affirme qu'est vertueux ce qui est utile.

On analyse aujourd'hui la révolution française avec le recul de l'histoire mais on oublie trop souvent qu'elle s'est faite dans le sang. Chateaubriand le regretta, lui qui dira : « il n'est point de révolution, là ou elle n'est pas opérée dans le cœur ». Le livre de Xavier Martin nous le rappelle avec talent.

Je laisserai le mot de la fin à Jean-Jacques Rousseau écrivant à Mirabeau : « je dirai comme je le crois que la paix vaut mieux que la liberté » Bien des Français on dû penser de même il y plus de deux cents ans...


Les plus : Un ouvrage historique qui se lit comme un roman ; un sujet traité avec objectivité, loin du « mythe » inattaquable de la révolution française, un vrai travail d'historien, ultra-documenté. Il donne la parole à ceux qui l'ont vécue.
Les moins : Rien

Ma note : 5/5
A partir de 16 ans.

La France abîmée
Xavier Martin
ISBN : 978-2856523124

dimanche 17 juillet 2011

Dong Xoai, Vietnam 1965 – Joe Kubert– Dessins exceptionnels


Le roman graphique est un style particulier auquel peu de dessinateurs se sont essayés. Cet univers, entre deux mondes, nécessite de savoir allier un sens aigu du récit et un grand talent de dessinateur. Dans Dong Xoai, Vietnam 1965, l’auteur réussit brillamment l’exercice.

Joe Kubert est un des monstres sacrés de la bande dessinée américaine. Il a notamment participé aux comics Batman ou Tarzan même si sa création la plus célèbre reste Tor. Dans le récit qui est l’objet de cette chronique, il relate de manière légèrement romancée la bataille de Dong Xoai qui se déroula au Vietnam en 1965 et vit des conseillers américains et des troupes vietnamiennes affronter des vagues de vietminhs qui déferlaient sur leur camp retranché. Ce morceau de bravoure permet à Joe Kubert de laisser éclater son talent. La plupart des pages de ce roman sont un régal pour les yeux. Les dessins au crayon sont réellement impressionnants. On rêve d’encadrer certaines planches. Je pense notamment à celle où les parachutistes sautent sur Bu Gia Map, à celle de ces soldats montant au feu ou encore à tous ces visages qui retranscrivent admirablement les sentiments et les émotions des personnages. Ces dessins, parfois proches du croquis sont réellement exceptionnels. Vous en doutez ? Allez dans votre librairie préférée, feuilletez ce livre et je suis prêt à parier que vous repartirez avec !

Ce roman graphique est presque parfait. Presque ? Oui. J’ai en effet trouvé que le récit était un peu lent, qu’il manquait de consistance. L'impression que l’histoire s’effaçait au profit du dessin m’a parfois effleuré l’esprit. C’est mon seul regret.

Je ne peux terminer cette chronique sans évoquer le livre lui-même. Le roman graphique est complété par des photos et quelques pages relatant la véritable histoire de la bataille de Dong Xoai. Cela complète avantageusement le récit et donne à l’ouvrage un plus certain qui devient ainsi un beau livre pour votre bibliothèque.

Les plus : La qualité exceptionnelle des dessins
Les moins : Quelques lenteurs, un scénario qui s’efface parfois devant la qualité graphique

Ma note : 4,5 / 5

A partir de 14 ans.

Dong Xoai, Vietnam 1965 sur Amazon.com
Joe Kubert
Soleil Production
ISBN : 978-2302017061