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dimanche 27 mai 2012

Les Visages - Jesse Kellerman - Une belle occasion ratée


Les Visages est un livre dont la presse a pas mal parlé à sa sortie. Il a d'ailleurs reçu le Grand Prix des Lectrices de Elle (j'ignore si c'est vraiment une référence mais bon...) et aussi une distinction du journal Le Guardian.

De fait, le scénario est orignal. Ethan Muller, tenant d'une gallerie d'art, découvre une oeuvre exceptionnelle et monumentale : des milliers de feuilles qui s'emboîtent parfaitement formant une oeuvre globale dont le centre est une étoile regroupant des visages d'enfants. Lorsqu'il découvre que ces visages sont ceux d'enfants assassinés quelques années auparavant et dont les meurtres n'ont jamais été résolus, sa vie bascule.

Cet excellent scénario est malheureusement mal mis en musique. Le récit alterne entre l'enquête du héros et des flash-back permettant de découvrir l'histoire de sa famille, les deux finissant par se croiser. Après un démarrage très prenant, Le livre déçoit. L'enquête du héros est finalement assez linéaire, sans véritable rebondissement. On comprend assez vite comment l'histoire va se terminer. Le récit souffre de longueurs et j'ai plusieurs fois été tenté de m'arrêter en cours de route. Arrivé au bout, je me suis dit : tout ça pour ça.

De plus, c'est une histoire assez glauque d'une enfance brisée par la perversité sexuel d'un homme. L'auteur aurait pu nous faire comprendre tout cela sans entrer dans la description de situations malsaines. Ce qui fait en partie la différence entre les bons écrivains et les autres, entre les bons cinéastes et les autres, c'est notamment cette capacité à suggérer plus qu'à montrer. C'est plus difficile mais souvent aussi bien plus efficace. L'auteur échoue dans ce domaine.

Alors, que mettre dans le volet positif de cette chronique en dehors de l'originalité de l'idée de départ ? Pas grand chose. Pas l'écriture, le style étant assez classique. Pas l'humour, il n'y en a pas vraiment. Les chapitres relatant l'histoire d'une riche famille américaine au siècle dernier ? Pourquoi pas même si je les ai trouvés légèrement caricaturaux. La description du milieu de l'art new-yorkais ? Sans doute.

J'attendais beaucoup du livre de Jesse Kellerman et j'ai été déçu. L'idée de départ était réellement intéressante mais l'auteur l'a finalement mal exploitée. C'est une occasion ratée. Dommage.

Les plus : L'idée de départ réellement originale, la description du milieu de l'art à New-York, le principe des deux récits qui se croisent (même si c'est assez classique).
Les moins : Une description crue de situations glauques, le rythme du récit qui ralentit fortement après les premiers chapitres, la bonne idée de départ finalement mal exploitée...

Ma note : 1/5
Pour adulte

Les Visages sur Amazon.com
Jesse Kellerman
Points
ISBN : 978-2757814130

dimanche 13 mai 2012

La sentinelle de l'ombre – Robert Crais – Elvis Cole nous manque...

En voulant aider un homme et une femme se faisant agresser, Joe Pike va se trouver mêler à une violente guerre des gangs. Il va rapidement découvrir que Dru et Wilson Smith ne sont sans doute pas les paisibles restaurateurs qu'ils semblent être. Lorsqu'ils vont disparaître, Joe va partir à leur recherche épaulé par le détective privé Elvis Cole.

Ce nouveau roman de Roman de Robert Crais met Joe Pike au centre de l'action. Pour les fidèles lecteurs de l'auteur, c'est une déception. Joe Pike était parfait dans un rôle secondaire auprès d'Elvis Cole. Il est moins pertinent comme héros principal de ce thriller. Pour qu'un second rôle pèse et réussisse à exister au côté d'un héros, il possède souvent une personnalité originale et un physique qu'on n'oublie pas. Mais lorsqu'un tel personnage passe au premier plan, ces traits de caractère trop marqués deviennent alors caricaturaux et nuisent à la qualité du récit. C'est le cas pour Joe Pike dans « La sentinelle de l'ombre ».

De fait, Elvis Cole et son humour décalé apparaîssent trop peu dans le livre. On regrette les précédents ouvrages de l'auteur qui, au côté de l'intrigue principale, nous faisait découvrir le passé des personnages. C'est bien dommage.

Ces lacunes au niveau des personnages sont-elles compensées par un scénario de très grande qualité ? Malheureusement pas. L'intrigue est trop linéaire. Certes, les événements s'enchaînent à un rythme élevé et on n'a guère envie de poser le livre avant de l'avoir terminé mais il souffre d'invraisemblances. Je sais bien que la chance sourit aux audacieux mais quand même...

En résumé, « La sentinelle de l'ombre » est un roman qui se lit avec plaisir mais ne se démarque pas de la concurrence. Ce n'est malheureusement qu'un thriller parmi d'autres.

Les plus : Le rythme soutenu.
Les moins : Trop classique pour sortir du lot, trop de clichés, en retrait par rapport aux premiers Robert Crais.

Ma note : 5/10
A partir de 16 ans...

La sentinelle de l'ombre sur Amazon.com
Robert Crais
Belfond – Noir
ISBN : 978-2714450821

mercredi 25 avril 2012

Une traque impitoyable – Barry Eisler - Prenant

John Rain est un héros atypique : c'est un tueur américano-japonais dont la spécialité est de laisser croire que ses victimes sont décédées d'une mort naturelle. Sa deuxième caractéristique est de ne jamais accepter de contrat dont les cibles seraient des femmes ou des enfants. Il n'en reste pas moins un tueur implacable à la détermination sans faille.

Pourtant, à Manille, au moment d'agir, une terrible hésitation lui fait rater sa cible, un terroriste spécialisé dans les explosifs. Cette erreur risque de déclencher un grave incident diplomatique et le Mossad qui avait commandité l'assassinat décide d'éliminer John Rain. Accompagné de Dox, un ancien sniper au cœur sensible, il devra fuir avant d'essayer de reprendre en main son destin.

Les thrillers de Barry Eisler sont toujours très efficaces. Cette traque impitoyable ne déroge pas à la règle. Menée sur un rythme d'enfer, le récit nous mène de Nagoya au Japon à Hong-Kong en passant par Bangkok. L'auteur aime beaucoup cette région du monde qu'il connaît bien et qu'il nous fait découvrir au travers de ses livres. « Une traque impitoyable » est en effet la quatrième aventure de John Rain. Il commence à se poser des questions sur ses actions, sur les conséquences de ses actes et sur son avenir. Tueur, il n'en reste pas moins humain. Même si chaque livre peut se lire de manière indépendante, l'évolution du personnage au fil du temps est intéressante et participe au charme des thrillers de Barry Eisler.

Ce livre se lit donc avec plaisir. Le scénario est de facture relativement classique, le style aussi mais le héros est atypique et attachant. Il est difficile de poser l'ouvrage une fois qu'on l'a commencé. C'est que l'on attend d'un bon livre non ?

Les plus : Un thriller classique mais efficace, un héros atypique qui fait la différence.
Les moins : Une scène à couper si vous souhaitez pouvoir laisser traîner ce livre à portée de vos enfants, un humour pas toujours très fin.

A partir de 15 ans...après avoir supprimé deux pages.

Ma note : 3.5/5

Une traque impitoyable sur Amazon.com
Barry Eisler
Belfond – Nuit noire
ISBN : 978-2714441461

- De la lune à la terre - Ayroles & Masbou - Finir en beauté

Sachant que ce tome 10 serait le dernier de cette série débutée en
1995, j'attendais « De la lune à la terre » avec une certaine impatience mais aussi une certaine appréhension. Les auteurs sauraient-ils la finir en beauté ?

Nos héros Don Lope, de Maupertuis, Eusèbe et leurs amis entame leur retour sur terre. Mendoza, personnage cruel qui ne connaît de loi que la force, a cependant décidé de les faire disparaître dans une dernière bataille. Ce dernier voyage sera épique, digne des meilleurs films de cape et d'épée : de l'aventure, des combats, un zeste de romance et quelques rebondissements dont je ne vous dirai rien...

Après une baisse de rythme dans les précédent volumes, J'ai trouvé ce dixième tome en tout point excellent. On y retrouve tout ce qui fait le charme de la série : le monde imaginaire inspiré du XVIIIème siècle et admirablement mis en couleur par Jean-Luc Masbou, l'humour, les dialogues si bien écrits, les personnages attachants (sacré Eusèbe!), et le scénario de qualité écrit par Alain Ayroles. C'est le parfait équilibre entre ces différents points qui fait de « De Cape et de Crocs » une série qui mérite d'être dans la bibliothèque de tout bédéphile qui se respecte ! « De la lune à la terre » comblera le lecteur et apportera les réponses aux dernières questions qu'il pouvait se poser sur nos héros.

Les plus : Une série qui se termine en beauté, des dessins toujours aussi détaillés avec des couleurs chatoyantes, des dialogues de qualité, souvent en rime et qui participent au plaisir de lecture. Une série tout public.
Les moins : Rien...vraiment rien si ce n'est que c'est le dernier tome de la série...

A partir de 10 ans.

Ma note : 5/5

De Cape et de Crocs - Tome 10 - De la lune à la terre sur Amazon.com
Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou
Delcourt
ISBN : 978-2756019963

samedi 7 avril 2012

Incident à Twenty-Mile – Trevanian – La sanction...

Un inconnu débarque à Twently-Mile un jour de 1898. A cet époque là, le rêve de la conquête de l'Ouest touche à sa fin et ce hameau n'est plus que l'ombre de lui-même. Non loin de là, un monstre s’échappe de prison...

Autant je place La Sanction de Trevanian dans les 10 meilleurs livres que j'ai lu ces dernières années, autant Incident à Twenty-Mile pourrait se trouver dans les 10 moins bons...

J'ai en effet été très déçu par ce roman inédit en France. Je n'ai pas retrouvé cet humour noir un peu décalé, ces dialogues succulents que j'avais tant apprécié dans La Sanction. Est-ce lié à une mauvaise traduction ? Le livre est-il tout simplement en deçà des autres romans de l'auteur ? Je l'ignore mais je n'ai vraiment pas accroché : les dialogues sont fades, il n'y pas vraiment de rythme, les personnages sont sans âme et c'est glauque...

Pour tout vous dire, j'ai tellement d'autres livres à lire que je ne suis pas allé au bout d'Incident à Twenty-Mile...Peut-être aurais-je été agréablement surpris par les derniers chapitres mais j'en doute un peu et cela n'aurait pas compensé la déception des premières pages.

Le plus : La description de l'Ouest américain en perdition...
Les moins : C'est laborieux, c'est glauque...c'est très loin du niveau de La Sanction ou de Shibumi. Sans parler des pages à arracher pour pouvoir laisser traîner ce livre dans une maison familiale...

Pour adulte.

Incident à Twenty-Mile sur Amazon.com
Trevanian
Editions Gallmeister
ISBN : 978-2-35178-048-0

dimanche 12 février 2012

Los Pajaros Perdidos – L’Arpeggiata & Christina Pluhar – Du soleil en plein hiver !

Même si j’évoque principalement les livres sur mon blog , il m’arrive d’écrire quelques chroniques musicales…Ce sera le cas aujourd’hui.

Le nouveau CD de l’Arpeggiata mérite amplement que j’y consacre quelques lignes. D’une grande qualité, il est surtout d’une grande originalité. Il s’agit en effet de musiques traditionnelles baroques latino-américaines.  On découvre ainsi sous la voix d’excellents artistes tels que Philippe Jaroussky de splendides mélodies d’Espagne, du Chili ou encore du Venezuela. Ecoutez « Ay este Azyek » ou « El currucha » et vous serez conquis. Alternant rythmes endiablés et chants mélancoliques, ce disque vous emmène loin des soucis du quotidien, loin du froid extrême qui s’est abattu sur la France en ce mois de février.

Pour couronner le tout, la pochette est superbe. L’écrin est à la hauteur des mélodies qu’il renferme.

Le plus : Un contenu très original, quelques mélodies réellement somptueuses, un enregistrement de qualité.
Les moins : Un ou deux morceaux un peu en deça du reste, notamment au niveau vocal…mais c’est vraiment pour chercher la petite bête.

Los Pajaros Perdidos - Édition Deluxe Livre-Disque sur Amazon.com
L’Arpeggiata
Virgin Classics

samedi 4 février 2012

Born to Die – Lana Del Rey – N'est pas Marianne Faithfull qui veut...

Un peu de musique pour changer…

Si vous n'avez pas entendu parler du phénomène Lana Del Rey c'est sans doute que vous n'êtes pas connectés à Internet, que vous n'écoutez pas la radio et ne lisez pas la presse…C'est l'artiste dont tout le monde parle en ce moment ! Sa carrière a été lancée grâce à un Internet où elle publia sur Youtube la video de la chanson qui allait la rendre célèbre : Video Game.

Ce succès médiatique est-il mérité ? Je ne le pense pas. En effet, attiré par un extrait de Born to Die, le titre phare de l’album, j’ai été déçu par les autres chansons. Le style de la chanteuse est un mélange bien équilibré entre celui de différents artistes tels que Marianne Faithfull pour certains accents de sa voix ou celui du dernier album de Katie Melua pour le côté electro/pop. Malheureusement, les mélodies sont peu inspirées et relativement répétitives. Il s’agit donc d’un album qui s’écoute facilement mais dont on se lasse rapidement…

Le plus : une voix qui fait mouche…
Les moins : Des mélodies assez pauvres et trop répétitives.

Born To Die sur Amazon.com
Lana Del Rey
Polydor