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dimanche 12 février 2012

Los Pajaros Perdidos – L’Arpeggiata & Christina Pluhar – Du soleil en plein hiver !

Même si j’évoque principalement les livres sur mon blog , il m’arrive d’écrire quelques chroniques musicales…Ce sera le cas aujourd’hui.

Le nouveau CD de l’Arpeggiata mérite amplement que j’y consacre quelques lignes. D’une grande qualité, il est surtout d’une grande originalité. Il s’agit en effet de musiques traditionnelles baroques latino-américaines.  On découvre ainsi sous la voix d’excellents artistes tels que Philippe Jaroussky de splendides mélodies d’Espagne, du Chili ou encore du Venezuela. Ecoutez « Ay este Azyek » ou « El currucha » et vous serez conquis. Alternant rythmes endiablés et chants mélancoliques, ce disque vous emmène loin des soucis du quotidien, loin du froid extrême qui s’est abattu sur la France en ce mois de février.

Pour couronner le tout, la pochette est superbe. L’écrin est à la hauteur des mélodies qu’il renferme.

Le plus : Un contenu très original, quelques mélodies réellement somptueuses, un enregistrement de qualité.
Les moins : Un ou deux morceaux un peu en deça du reste, notamment au niveau vocal…mais c’est vraiment pour chercher la petite bête.

Los Pajaros Perdidos
L’Arpeggiata
Virgin Classics

samedi 4 février 2012

Born to Die – Lana Del Rey – N'est pas Marianne Faithfull qui veut...

Un peu de musique pour changer…

Si vous n'avez pas entendu parler du phénomène Lana Del Rey c'est sans doute que vous n'êtes pas connectés à Internet, que vous n'écoutez pas la radio et ne lisez pas la presse…C'est l'artiste dont tout le monde parle en ce moment ! Sa carrière a été lancée grâce à un Internet où elle publia sur Youtube la video de la chanson qui allait la rendre célèbre : Video Game.

Ce succès médiatique est-il mérité ? Je ne le pense pas. En effet, attiré par un extrait de Born to Die, le titre phare de l’album, j’ai été déçu par les autres chansons. Le style de la chanteuse est un mélange bien équilibré entre celui de différents artistes tels que Marianne Faithfull pour certains accents de sa voix ou celui du dernier album de Katie Melua pour le côté electro/pop. Malheureusement, les mélodies sont peu inspirées et relativement répétitives. Il s’agit donc d’un album qui s’écoute facilement mais dont on se lasse rapidement…

Le plus : une voix qui fait mouche…
Les moins : Des mélodies assez pauvres et trop répétitives.

Born to Die
Lana Del Rey
Polydor

dimanche 8 janvier 2012

Les Braises – Sandor Marai – Un excellent huis clos

Ayant lu une très bonne critique de « La Soeur » de Sandor Marai mais souhaitant en savoir un peu plus sur cet auteur, j'ai cherché quels autres livres il avait écrit. C'est ainsi que j'ai découvert « Les Braises » dont l'histoire m'a tout de suite plu. Ce hui-clos entre deux anciens amis arrivés au terme de leur vie m'a immédiatement attiré. J'ai donc quitté ma librairie préférée, non pas avec « La Soeur » mais avec « Les Braises » dont je vais vous dire ici quelques mots...

Le récit relate la rencontre de deux hommes qui furent jadis amis et qu'un événement, que l'on devine dramatique, sépara plus de quarante années plus tôt. Dans les premiers chapitres, nous découvrons la naissance de leur amitié avant de comprendre au cours du huis clos ce qui les éloigna l'un de l'autre et les amena à cette ultime conversation...ou confrontation.

J'ai beaucoup apprécié ce livre. Seuls les auteurs de grand talent peuvent réussir à accrocher autant de lecteur par un scénario construit autour d'un simple huis clos. Le récit de leur rencontre et de leurs années de jeunesse est admirablement bien écrit, mieux encore selon moi que les dialogues de leur confrontation dont l'accroche m'a parfois paru un peu « académique ». « Les Braises » se nourrit de réflexions sur l'amitié, la vie et la mort, l'orgueil et la lâcheté mais aussi sur la musique : « Puisque la musique est indéfinissable, elle doit être dangereuse. Il ne peut en être autrement, puisqu'elle touche, avec une violence incroyable, les personnes qui appartiennent à la même catégorie, non seulement en raison de leur ouïe musicale, mais aussi […] de leur destinée. » Sandor Marai aborde aussi la différence entre ce qui est vécu et ce qui est perçu : « Vers la fin de notre existence, l'ensemble des faits accuse et hurle la vérité plus fort que le supplicié sur le banc de torture. Sans la moindre équivoque possible, un fait est un fait. Et pourtant les faits ne sont parfois que de pitoyables conséquences. » L'essentiel n'est pas de connaître les faits mais ce qui, dans le cœur de l'homme, les a générés. L'auteur évoque tout cela avec beaucoup de finesse et d'élégance.

Quant au scénario, il est assez simple mais tient le lecteur en haleine jusqu'à cette fin qui peut surprendre et laissera peut-être certains un peu sur leur faim. Il permet cependant à l'auteur d'aborder de très belle manière les nombreux thèmes mentionnés ci-dessus. N'est-ce pas là l'essentiel ?

En lisant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de faire un lien avec une œuvre cinématographique de très grande qualité : « Le Souper », superbe huis clos d'Edouard Molinaro avec Claude Rich et Claude Brasseur. Si vous avez aimé ce film, vous aimerai certainement « Les Braises »...et la réciproque est vraie.

Le plus : La qualité de l'écriture et de la traduction, un livre qui se dévore plus qu'il ne se lit malgré un scénario apparemment simple...
Les moins : Certains dialogues qui manquent parfois (à mon sens) de naturel...

A partir de 16 ans ou plus tôt pour ceux qui aiment les belles œuvres littéraires...

Les Braises
Sandor Marai
Le Livre de Poche
ISBN : 978-2-253-93378-6

dimanche 1 janvier 2012

Les Larmes Interdites – Navy Soth & Sophie Ansel – Des vies broyées par les Khmers Rouges

« Dans l'invisibilité de la nuit, une mère vient de perdre son quatrième enfant. Arraché à elle à cause de la bêtise des hommes, la stupidité d'une utopie révolutionnaire, la faim et l'épuisement organisés par des illuminés. »

Cette mère est celle de la Noiraude (Navy Soth) dont « Les Larmes Interdites » relatent les années d'enfer au Cambodge suite à la prise du pouvoir par les Khmers Rouges. Elle survivra mais trois de ses frères et sœur succomberont durant le génocide qui fit 1,7 millions de victimes selon le Programme sur le Génocide de l'Université de Yale.

Le livre est poignant car il relate ces quatre années de malheur au travers les yeux d'une enfant. On suit mois après mois la vie de sa famille dont les parents ne baisseront jamais le bras, luttant au quotidien pour protéger leurs enfants physiquement mais aussi, autant que possible, psychologiquement. Ils essaieront de conserver au milieu de l'enfer une bulle familiale leur permettant de préserver un tant soit peu le monde de l'enfance.

Cette histoire est dure, à la hauteur de la brutale cruauté des Kmers Rouge. On suit la Noiraude lorsque les nouveaux maîtres du Cambodge déplacent en masse les populations, font travailler la population jusqu'à la mort, y compris les enfants. Lorsqu'ils exécutent froidement les plus faibles ou les laissent mourir de faim. Ceux qui n'ont plus la force de travailler ne reçoivent plus leur faible ration quotidienne de soupe.

Le fait que ce récit soit celui d'une enfant lui donne une dimension particulière. On souffre avec elle de la solitude car sa famille est régulièrement éclatée en fonction des travaux à réaliser. On s'attache avec elle à ces grillons qu'elle cache et dont elle a fait ses amis. On s'émerveille avec elle de ces lucioles qui lui permettent de s'évader et de garder un pied en enfance. On vit avec elle ce tiraillement entre les sentiments intérieures qu'il faut impérativement cacher sous peine d'être exécutéea et l'indifférence apparente, ces larmes interdites...On partage sa culpabilité à la mort de sœur alors que ses parents étaient aux travaux forcés. On découvre aussi des enfants Khmers imitant leurs parents et martyrisant d'autres enfants. Les rares moment de réconfort étaient lorsqu'elle s'endormait dans les bras de son père ou de sa mère...

Comme pour beaucoup de petites filles, son père était un être à part. Son courage, ses chasses nocturnes au risque de sa vie, sa dignité jusqu'à la mort aidèrent la petite Noiraude à survivre. Il en fut de même de la force de sa mère qui se battit chaque jour pour ses enfants et refusa de s’enfuir plutôt que d'abandonner un des ses fils mourant. L'amour qui unit cette famille au cœur de l'enfer Khmers fut sans doute ce qui permit à la Noiraude, trois de ses frères et sœur et à sa mère de survivre et de traverser la frontière thaïlandaise et trouver enfin la liberté.

On connaît assez bien aujourd'hui les crimes commis par les Khmers Rouge mais l'humanité et l'innocence de la noiraude en fait ressortir mieux que jamais la brutalité mécanique, inhumaine, et la  cruauté extrême. Elle nous montre aussi à quel point l'amour qui unit une famille peut sauver la vie d'une enfant...


Le plus : Ce regard d'enfant porté sur l'extrême cruauté du régime des Khmers Rouge. Une page d'histoire à ne pas oublier
Les moins : Rien...

Ma note : 4.5/5
A partir de 15 ans.

Les Larmes Interdites
Navy Soth & Sophie Ansel
Plon
ISBN : 978-2-259-21112-3

samedi 17 décembre 2011

Le Hold-up des Silencieux – Stephan Ghreener – Pas convaincant

Un bon titre ne suffit malheureusement pas à faire un bon livre.  J’ai mis trois mois à lire ce thriller financier. Certes, j’ai trouvé ces dernières semaines assez peu de temps pour lire mais s’il s’était agi d’un bon roman, je pense que j’aurais certainement trouvé la motivation nécessaire pour en lire quelques pages plus souvent.

Joshua Gallagher est chargé d’enquêter sur les raisons de l’effondrement du cours de bourse d’une entreprise de publicité et sur les étranges « ramassages »  constatés sur les marchés.  Malversations, manipulations, prises de contrôles, les trois à la fois ? Le héros devra faire face à de délicates situations avant de découvrir la vérité.

J’attendais mieux de ce Hold-up des Silencieux. Le scénario, tout comme le style de l’écriture, est finalement assez banal. Le côté « financier » du livre n’est pas suffisamment développé. C’est pourtant ce qui devait apporter une touche d’originalité au roman.  L’auteur passe donc selon moi à côté de sa cible. L’histoire se déroule sur un faux rythme et même si le récit ne souffre pas de temps morts, je n’ai pas accroché. De plus, la personnalité des personnages est peu creusée et on ne s’attache vraiment pas au héro. Il manque ce petit quelque chose qui insuffle une âme à un thriller. Je suis donc resté sur ma faim. Est-ce parce que je l’ai lu de manière décousu, est-ce à cause des raisons évoquées ci-dessus ? Si vous avez eu le livre entre les mains, dites-moi ce que vous en pensez…

Le plus : La volonté d’avoir un scénario qui sort des sentiers battus. Un livre sans grande violence, presque tout public.
Les moins : Un récit qui ne trouve jamais son rythme, des personnages peu fouillés.

Ma note : 2.5/5
A partir de 15 ans.

Le Hold-up des Silencieux
Stephan Ghreener
Fleuve Noir
ISBN : 978-2265089372

mardi 13 décembre 2011

Alter Ego - Park, Noah & Jonas – P-P Renders et D. Lapière - Vivement la fin !

J’avais été conquis par les premiers volumes de la série Alter Ego. L’idée ayant servi à la construction du scénario était en effet très originale : 6 volumes se déroulant en parallèle avec des personnages aux destins croisés.

Je me devais d’écrire quelques lignes sur les derniers tomes parus car ils m’ont un peu déçu. Le scénario tient toujours aussi bien la route mais, après six volumes, il est temps de clôturer l’histoire et de révéler enfin la clé qui permettra de comprendre le puzzle. Ce devrait être fait avec le tome 7 qui sera publié au début de l’année prochaine.

Comme vous le savez, j’essaye aussi, au travers de mes chroniques, de préciser à quel public s’adresse les livres et les bandes dessinées que j’ai entre les mains. J’aurais aimé pouvoir dire que cette série était tout public car le scénario l’aurait permis. Malheureusement certaines situations et l’attitude « hot » de certains personnages ne me le permettent pas. Une fois de plus et comme trop souvent aujourd’hui, certaines bonnes idées sont gâchées par ce qui semble parfois être une obligation : montrer des fille (et des mecs) à poil et cautionner des comportements regrettables ! Y’en a marre !

Le plus : Le scénario toujours aussi original et prenant.
Les moins : Sans frappes chirurgicales sur certaines planches, vous ne laisserez sans doute pas cette série entre les mains de vos enfants…

Ma note : 3/5 mais aurait pu obtenir 4/5...
A partir de 16 ans (pour les raisons évoquées ci-dessus)

Alter Ego - Fouad
Pierre-Paul Renders et Denis Lapière
Dupuis
ISBN : 978-2800148809, 978-2800148779  & 978-2800148793

dimanche 11 décembre 2011

XIII - Le Jour du Mayflower – I. Jigounov & Y. Sente – Si c'était le tome 1...

Le jour du Mayflower était l'une des bandes dessinées les plus attendues de l'année. Après les 13 premiers tomes qui avait fait de XIII une série culte, les volumes suivants avaient fortement déçu les fans. Le scénario s'essoufflait et le héros semblait sous perfusion...Ce 20ème tome était donc très attendu...

J'ai été un peu déçu. Le dessin de I. Jigounov est d'excellente qualité et respecte l'esprit de la série mais le scénario n'est pas à la hauteur. Le jour du Mayflower aurait fait un excellent tome 1, il fait un décevant tome 20. On retrouve tous les ingrédients des premiers volumes : XIII est toujours amnésique, il semble de nouveau mêlé à un complot mystérieux, il est pourchassé par des tueurs et essaye de comprendre pourquoi tant de personnes se mobilisent pour l'empêcher de retrouver son passé.

Si je ne connaissais pas la série, j'aurais certainement trouvé cette bande dessinée passionnante. Pour ce qui ne connaissent pas XIII, ce 20ème tome est un excellent moyen de découvrir la série. Pour les autres, il fait espérer le renouveau de la série. Il faudrait simplement que les auteurs apportent une touche d'originalité à un scénario éculé...

Les plus : Le dessin de I. Jigounov bien adapté au récit et cohérent avec la série. Un très bon premier tome;-) Du mieux par rapport aux précédents volumes.
Les moins : Rien de très nouveau, une série qui a du mal à se renouveler...

Ma note : 3 / 5
A partir de 12 ans

XIII – Le jour du Mayflower
I. Jigounov & Y. Sente
Dargaud
ISBN : 978-250501294