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samedi 27 avril 2013

Vendetta – R.J. Ellory – Pour le pire (surtout) et le meilleur

Autant j'avais bien aimé Les Anonymes, autant j'ai été déçu par Vendetta. Pour tout vous dire, je l'ai jeté avant de l'avoir terminé. Je me voyais mal garder un livre contenant des scènes d'une telle violence dans la bibliothèque familiale. Le scénario accrocheur me disait de continuer ma lecture, le côté malsain de certains passages me disaient d'arrêter. Vendetta est aujourd'hui dans ma poubelle.

Pourtant le scénario a de quoi tenir le lecteur en haleine : La fille du gouverneur de Louisiane a disparu. L'enquête piétine lorsque un homme se prétendant le ravisseur se livre à la police mais exige de raconter le récit de sa vie à Ray Hartmann avant de décider du sort de sa victime...

On découvre alors la vie d'un tueur sadique au service de la mafia. Malheureusement, cette vie est un enchaînement de violences (et pire encore) que R.J. Ellory décrit de manière extrêmement crue.
On retrouve là le même travers qu'au cinéma : les auteurs ne savent plus suggérer, il faut qu'ils montrent le pire, il faut qu'ils l'écrivent. C'est regrettable.

Alors, si vous souhaitez découvrir R.J. Ellory, évitez Vendetta et lisez Les Anonymes.

Les plus : Le style, l'idée sur laquelle est construit le scénario.
Les moins : L'extrême violence et le classement X de certaines scènes, des longueurs, un récit non exempt de clichés.

Ma note : 2/10
Pour adulte seulement (et encore...)

Vendetta sur Amazon.com
R.J. Ellory
Le Livre de Poche
ISBN : 978-2253125266

dimanche 7 avril 2013

Youn Sun Nah, Alison Krauss, Holly Williams et Dvorak !


A défaut d'avoir beaucoup de temps pour lire,  j'écoute de la musique. J'ai acheté dernièrement quelques disques dont certains valent vraiment d'être mentionnés sur mon blog.

Je vais d'abord évoquer Dvorak en raison du privilège de l'âge de ce denier;-). J'ai découvert son premier Concerto pour Piano Op.33 dans un enregistrement de 1976 avec Sviatoslav Richter au piano et Carlos Kleiber à la baguette. C'est absolument magnifique, notamment le deuxième mouvement qui vous éloigne en quelques secondes des soucis du quotidien. C'est dire si ce CD mérite sa place dans votre discothèque !

Ensuite, deux disques de Country : New Favorite d'Alison Krauss + Union Station dont pas un titre n'est à jeter et The Ones We Never Knew de Holly Williams. Il s'agit du premier album de cette chanteuse assez peu connue. Certains morceaux se détachent vraiment du lot et s'écoutent avec grand plaisir (Would You Still Have Fallen et Velvet Sounds par exemple). Elle a publié depuis deux autres albums que j'ai trouvé plus classiques.

Enfin, le dernier album de jazz de la chanteuse coréenne Youn Sun Nah. Son précédent opus avait été encensé par la critique mais m'avait déçu. Rien de tel pour Lento que je vous recommande. Des morceaux très différents les uns des autres, parfois surprenant comme Lament par exemple...Et pour couronner le tout, Youn Sun Nah ne se contente pas de nous faire profiter de sa belle voix, elle chante avec ses tripes et cela se sent !

Bonne écoute !

Dvorak - Concerto pour piano sur Amazon.com
Sviatoslav Richter
EMI Classics




Alison Krauss + Union Station
Rounder – DECCA


The Ones We Never Knew sur Amazon.com
Holly Williams
Universal South



Lento
ACT Music

samedi 6 avril 2013

Elle savait – Lee Child – Décevant.


Jack Reacher, ancien membre de la police militaire, remarque une nuit dans le métro new-yorkais une femme dont l'attitude correspond en tout point à celle d'une terroriste kamikaze selon les critères des services secrets israéliens. Il essaye alors de la raisonner mais elle se tue alors devant ses yeux à l'aide d'un pistolet qu'elle portait sur elle...Jack Reacher va très vite constater que la mort de cette jeune femme semble intéresser beaucoup de monde.

Les premières pages du livre sont les plus intéressantes. Cette idée d'attentat suicide dans le métro permet à ce livre de démarrer sur de bons rails. Malheureusement la suite n'est pas à la hauteur. Dans sa quête de la vérité, le héros va croiser un ancien militaire candidat à un poste de sénateur et au passé trouble, une femme sublime aussi sadique que belle et des membres du FBI qui cherchent à savoir ce que Susan Mark a pu confier à Jack Reacher avant de mourir...Le récit contient beaucoup d’invraisemblances, les rapports de cause à effets sont parfois disproportionnés et les liens entre les différents événements aussi. Du coup, même si le rythme ne faiblit pas, le scénario est décousu et laborieux. Ce scenario bancal n'est même pas rattrapé par la qualité des personnages. Contrairement à d'autres héros de polar tels que Milo Weaver, John Rain ou Harry Bosh, Jack Reacher est dans ce livre un personnage sans étoffe. On ne lui connaît pas vraiment de passions, il ne possède pas de traits marquants et l'auteur ne nous dit finalement pas grand chose de son héros. C'est un loup solitaire sans charisme. Dommage...

« Elle savait » n'est donc pas un grand polar...J'avais lu du même auteur il y a quelques mois « Sans douceur excessive » qui, sans être le roman policier de l'année, m'avait semblé de bien meilleure qualité que celui-ci.

Les plus : Une idée de départ intéressante, pas de scène X...c'est suffisamment rare de nos jours pour être signalé.
Les moins : Beaucoup d’invraisemblances, un passage très violent, un scénario laborieux et sans grand intérêt, une fin décevante...

Ma note : 3/10
A partir de 15+ ans.

Elle savait sur Amazon.com
Lee Child
Le Livre de Poche
ISBN : 978-2253-173625

samedi 14 juillet 2012

Les Anonymes – R. J. Ellory – Ils méritent d'être connus...


Quatre femmes ont été assassinées à Washington selon le même mode opératoire. L'inspecteur Miller est chargé de l'enquête qui va vite devenir pour lui un cauchemar : toutes les pistes se dérobent, chaque espoir d'avancer est anéanti. Apparemment, certaines personnes souhaiterait que l'enquête n'aboutisse pas et que certains secrets ne soient pas divulgués.

La réputation de ce roman n'est pas usurpée. Je l'ai beaucoup aimé. Les Anonymes n'est pas un thriller qui se déroule à 100km/h dont le scénario irréaliste est masqué par le rythme effréné du récit et dont l'épaisseur des personnages laisserait à désirer...Non. Ce livre est bien écrit et les différents personnages, l'inspecteur Miller, son collègue Roth ou leur patron Irving sont réalistes, j'aurais envie de dire qu'ils sont humains. L'auteur a apporté autant d'attention à ses héros qu'au récit lui-même et cela donne un livre passionnant.

Le rythme participe aussi à la qualité de l'ensemble. Alternant les souvenirs du passé de l'un des personnages et l'enquête des deux inspecteurs, R. J. Ellory a su trouver le bon équilibre et utiliser à bon escient ces flash-backs. Nul rebondissement à chaque page,  nulle explosion à chaque chapitre mais un récit presque documentaire suffisamment bien écrit pour que le lecteur lise chaque page en souhaitant déjà découvrir la suivante.

Si j'avais un reproche à faire à ce roman policier, ce serait sans doute la fin un peu trop rapide à mon goût. Elle n'est pas bâclée mais laisse un arrière goût d’inachevé. C'est trop simple. On repense aux chapitre précédents en se demandant si toutes les questions du scénario ont trouvé leur réponse, si certaines complications étaient vraiment nécessaires...Tout cela est bien subjectif. Vous me direz ce que vous en avez pensé...

Les Anonymes est un excellent livre que vous pouvez emporter avec vous en vacances. Vous ne le regretterez pas. Pour ma part, j'ai déjà acheté le nouveau roman de R. J. Ellory, Les Anges de New-York. Je vous en reparlerai sans doute pendant l'été.

Bonnes vacances à tous !

Les plus : Un roman bien écrit, des personnages réalistes loin des clichés, le bon équilibre  passé/présent dans le récit, le scénario qui tient la route.
Les moins : Un fin un peu trop rapide, une scène légère.

Ma note : 9/10
A partir de 16 ans.

Les Anonymes sur Amazon.com
R. J. Ellory
Le Livre de Poche
ISBN : 978-2253-157113

samedi 30 juin 2012

RAJ – Tomes 1 et 2 – Agatha Christie en Inde



Alexander Martin, jeune agent de l'I.P.S. (Indian Political Service), fraîchement arrivé à Bombay,

enquête sur l'étrange disparition de plusieurs notables anglais de la ville. Entre les magouilles politiques, les enjeux financiers et un passé que personne ne souhaite déterrer, il aura bien du mal à faire éclater la vérité.


Ayant lu sur Internet des avis très positifs sur cette série, RAJ se trouvait sur la liste de BD que j'hésitais à acheter. L'ayant déniché à prix imbattable cette semaine, j'ai craqué.

Les auteurs ont eu la bonne idée d'écrire des diptyques, les deux premiers tomes forment donc une histoire complète pour le plus grand bonheur des lecteurs frustrés d'avoir souvent à attendre le 15ème tome d'une série pour en connaître le dénouement.

Le scénario est bien construit et j'ai apprécié cette enquête policière qui se déroule dans la « Ville dorée ». Après un démarrage un peu lent, le récit atteint son rythme de croisière au bout de quelques pages et on suit avec intérêt les aventures du jeune Alexander. Même si les auteurs n'évitent pas les clichés sur la colonisation, les dessins de Conrad assurent le dépaysement du lecteur et Wilbur glisse quelques touches d'humour tout au long de l'histoire. Les auteurs exploitent bien le contexte historique, les personnages et les lieux sont variés et tout cela participe au plaisir de la lecture.

Les nombreuses qualités de ces deux premiers tomes ne font cependant pas oublier quelques défauts. Bien construit, le scénario repose cependant sur de nombreux personnages qu'il est parfois difficile à situer. Il m'est arrivé de revenir quelques pages en arrière pour m'assurer de bien comprendre « qui est qui ». Cela nuit à la fluidité de la lecture. L'autre point faible est selon moi le dessin de Conrad qui manque souvent de détails. C'est dommage car certaines planches montrent d'ailleurs tout le potentiel que l’exotisme de l'Inde aurait permis d'exploiter.

Un Gentilhomme Oriental et Les Disparus de la Ville dorée forment donc un diptyque qui vaut d'être lu et qui mérite sa place dans ma bibliothèque.

Les plus : La qualité du scénario, le dépaysement.
Les moins : Le manque de détails des dessins, les nombreux personnages parfois difficiles à situer.

Ma note : 7/10
A partir de 12 ans.

RAJ – Tome 1 et Tome 2 sur Amazon.com
Conrad & Wilbur
Dargaud
ISBN : 978-2-5050-0002-0

samedi 23 juin 2012

Le Trône d'Argile – Tome 5 – La Pucelle – Oui mais...

Le Trône d'Argile est sans aucun doute une référence dans le monde de la BD historique. J'attendais ce tome 5 avec impatience. Il confirme ce qu’annonçait les précédents volumes...en termes de qualité mais aussi de défauts.

On retrouve tous les points forts de la série. Une description détaillée cette guerre de cent ans qui, plus que les personnages, est au cœur de l'histoire. On plonge dans cette époque tourmentée dessinée avec brio par Théo : la violence des batailles, les intrigues de la cour, l'orgueil de beaucoup et l'honneur de quelques uns.  Les personnages, dont la plupart ont réellement existé, sont décrits avec toujours autant de profondeur. Même s'ils ont chacun des traits de caractère bien marqués, les auteurs ne tombent pas dans la caricature. Quant au scénario, il accroche toujours autant le lecteur mais souffre de quelques faiblesse dont je parlerais plus loin. « La Pucelle » est donc une bande dessinée de grande qualité que ceux qui aiment l'histoire liront avec beaucoup de plaisir !

Ce nouveau tome ne fait malheureusement pas selon moi un sans faute. En effet (est-ce pour être dans l'air du temps?), Sainte Jeanne d'Arc est décrite comme une jeune fille un peu naïve, illuminée et manipulée par Yolande d'Anjou, la protectrice du Dauphin Charles VII. C'est le point faible du scénario car les auteurs font intervenir un mage qui, grâce à ses pouvoirs, va faire croire à la jeune Jeanne qu'elle a des apparitions. Tout cela ne semble pas très réaliste et nuit à la crédibilité de du récit. C'est bien dommage. Pourquoi ne pas être simplement resté fidèle à l'histoire de France ?

La force de la série « Le Trône d'Argile » a toujours été sa qualité historique, son réalisme. L'intervention de la magie dans ce dernier volume m'est apparue comme un cheveu sur la soupe...La soupe est toujours aussi bonne mais ce cheveu n'en est pas moins désagréable.

Les plus : Le plongeon au cœur de la guerre de 100 ans, la qualité des dessins, l'épaisseur des personnages.
Les moins : Des couleurs trop ternes à mon goût. Mais pourquoi faire de Sainte Jeanne d'Arc une naïve illuminée et manipulée ?

Ma note : 7/10
A partir de 16 ans.

Le trône d'argile - tome 5 - La pucelle sur Amazon.com
Richemont - Theo -  Pieri
Delcourt
ISBN : 978-2756019901

dimanche 10 juin 2012

Volte-Face – Michael Connelly – Un bon cru...

Mickey Haller, avocat de la défense, accepte exceptionnellement de représenter le peuple de Californie, l'accusation, dans un procès sensible : Un homme accusé du meurtre d'une fillette et condamné 20 ans plus tôt pourrait être innocenté suite à la découverte de preuves ADN. La tâche s'annonce compliquée et Haller demande à Harry Bosh d'enquêter pour lui sur ce dossier.

On retrouve avec plaisir les deux héros de Michael Connelly. L'auteur les avait déjà associé dans « Le verdict de plomb » mais de manière moins équilibrée que dans son nouveau roman. On suit en effet alternativement les deux personnages, le premier préparant les procès, le deuxième cherchant de nouveaux éléments de preuves tout en essayant de comprendre l'étrange comportement de l'accusé en liberté conditionnel.

J'ai trouvé l'intrigue intéressante et finalement plutôt originale. Les progrès de la science ayant permis de découvrir un nouvel élément de preuve grâce à l'analyse ADN, un lobby s'est mobilisé afin que Jasson Jessup soit libéré et puisse bénéficier d'un nouveau procès. Le récit se déroule sans temps mort et le lecteur attend avec impatience le procès dont il ignore l'issue...

C'est là que le bas blesse. J'ai trouvé la fin précipitée. Sans en dévoiler la teneur, je ne peux que regretter sa trop grande facilité. Après l'excellente montée en puissance réussie par Michael Connelly durant les 9/10 du roman, j'aurais souhaité un dénouement plus consistant. Les dernières pages rattrapent cependant un peu cette impression désagréable.

Cela étant dit, Volte-Face est un très bon cru de Michael Connelly. Meilleur que « Les Neufs Dragons » qui était efficace mais trop classique. Les fans de l'auteur ne seront pas déçus et ce sera une excellente manière de le découvrir pour les autres.

Les plus : Le « mélange » équilibré entre thriller juridique et polar, l'intrigue moins classique qu'elle ne paraît. La présence des deux héros de Connelly : Harry Bosh et Mickey Haller.
Les moins : Une fin un peu précipitée.

Ma note : 8/10
A partir de 16 ans en raison du sujet un peu dur.

Volte-Face
Michael Connelly
Calman-Levy
ISBN : 978-2702141533