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dimanche 17 juillet 2011

Dong Xoai, Vietnam 1965 – Joe Kubert– Dessins exceptionnels


Le roman graphique est un style particulier auquel peu de dessinateurs se sont essayés. Cet univers, entre deux mondes, nécessite de savoir allier un sens aigu du récit et un grand talent de dessinateur. Dans Dong Xoai, Vietnam 1965, l’auteur réussit brillamment l’exercice.

Joe Kubert est un des monstres sacrés de la bande dessinée américaine. Il a notamment participé aux comics Batman ou Tarzan même si sa création la plus célèbre reste Tor. Dans le récit qui est l’objet de cette chronique, il relate de manière légèrement romancée la bataille de Dong Xoai qui se déroula au Vietnam en 1965 et vit des conseillers américains et des troupes vietnamiennes affronter des vagues de vietminhs qui déferlaient sur leur camp retranché. Ce morceau de bravoure permet à Joe Kubert de laisser éclater son talent. La plupart des pages de ce roman sont un régal pour les yeux. Les dessins au crayon sont réellement impressionnants. On rêve d’encadrer certaines planches. Je pense notamment à celle où les parachutistes sautent sur Bu Gia Map, à celle de ces soldats montant au feu ou encore à tous ces visages qui retranscrivent admirablement les sentiments et les émotions des personnages. Ces dessins, parfois proches du croquis sont réellement exceptionnels. Vous en doutez ? Allez dans votre librairie préférée, feuilletez ce livre et je suis prêt à parier que vous repartirez avec !

Ce roman graphique est presque parfait. Presque ? Oui. J’ai en effet trouvé que le récit était un peu lent, qu’il manquait de consistance. L'impression que l’histoire s’effaçait au profit du dessin m’a parfois effleuré l’esprit. C’est mon seul regret.

Je ne peux terminer cette chronique sans évoquer le livre lui-même. Le roman graphique est complété par des photos et quelques pages relatant la véritable histoire de la bataille de Dong Xoai. Cela complète avantageusement le récit et donne à l’ouvrage un plus certain qui devient ainsi un beau livre pour votre bibliothèque.

Les plus : La qualité exceptionnelle des dessins
Les moins : Quelques lenteurs, un scénario qui s’efface parfois devant la qualité graphique

Ma note : 4,5 / 5

A partir de 14 ans.

Dong Xoai, Vietnam 1965 sur Amazon.com
Joe Kubert
Soleil Production
ISBN : 978-2302017061

samedi 9 juillet 2011

Un traître à notre goût – John le Carré – A mon goût aussi...

Lors d'un voyage en amoureux aux Caraïbes, Perry accepte de jouer une partie de tennis avec un milliardaire russe excentrique. Aurait-il dû refuser ? Il se posera souvent la question dans les mois qui suivirent...

John le Carré fait partie de ces auteurs dont on reconnaît le style dès les premières pages. Une grande simplicité qui cache une perfection certaine. Ici, vous ne découvrirez pas de rebondissement à chaque page, pas d'explosion à chaque chapitre, pas de blonde pulpeuse à admirer entre deux paragraphes...Ce n'est pas l’enchaînement rapide des scènes qui tient le lecteur en halène. C'est la richesse du scénario (pas sa complexité). C'est le caractère fouillé des personnages. C'est la qualité des dialogues. C'est le regard acerbe porté par l'auteur sur le monde d'aujourd'hui.

L'histoire semble simple, elle ne l'est pas. Le rythme semble lent et pourtant on apprécie chaque page du roman. On quitte le monde du thriller pour s'approcher de celui de la littérature.

Lisez Un traître à notre goût, vous ne le regretterez pas.

Les plus : Ce style caractéristique, le scénario efficace et moins simple qu'en apparence. Pas de violence gratuite ni de scènes légères...
Les moins : Certains trouveront le rythme un peu lent...moi je trouve que cela participe au charme de ce roman.

Ma note : 5/5

A partir de 15 ans.

Un traître à notre goût sur Amazon.com
John le Carré
ISBN : 978-2246769613

mercredi 6 juillet 2011

658 – John Verdon – Un bon numéro

Mark Mellery, ancien alcoolique ayant réussi dans les affaires, reçoit d'étranges lettres anonymes dont l'auteur semble connaître son passé beaucoup mieux qu'il ne l'aurait souhaité. Le ton se faisant plus menaçant, il sollicite David Gurney, un inspecteur du NYPD à la retraite. Ce qui semblait initialement être un jeu douteux se transforme rapidement en un dangereux compte à rebours...

Le scénario est très bien construit et m'a tenu en haleine jusqu'au bout. L'intrigue est intéressante, originale dans sa conception, plus classique dans son déroulement. J'ai lu ici ou là que certains lecteurs auraient été déçus par la solution à certaines énigmes, notamment à celle ayant trait à ce fameux nombre 658. Je dirai simplement que ce qui fait la force d'une énigme est parfois la simplicité de sa réponse.

John Verdon a su trouver un rythme équilibré pour son récit, alternant entre l'enquête policière et les sombres pensées de son héros David Gurney qui prend conscience que son travail l'éloigne peu à peu de son épouse et risque de briser son couple. Il est tiraillé entre l'amour de sa femme et l'amour de son travail et cette dualité est bien rendue. Cela donne de la profondeur au personnage.

Je ne peux terminer cette chronique sans évoquer l'auteur des lettres anonymes qui sont au cœur de ce roman. On le découvre au travers de ses écrits poétiques, de la mise en scène de ses crimes, de ses énigmes et John Verdon a su en faire un personnage très intéressant, je dirai même intrigant. Son duel avec David Gurney n'en n'est que plus passionnant.

658 est donc un très bon roman policier que vous pouvez sans hésiter emporter avec vous en vacances.

Les plus : Un scénario original qui vous tient en haleine sans pour autant avancer à un train d'enfer. Pas de violence gratuite ni de scènes légères...
Les moins : Je cherche...

Ma note : 4,5/5

A partir de 16 ans.

658
John Verdon
ISBN : 978-2246769613